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Asnières-lès-Dijon
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Tourisme > Culture
UN PEU D'HISTOIRE
Au IVe siècle déjà...

L'histoire d'Asnières illustre parfaitement le rôle important joué par les abbayes du Moyen Âge jusqu'à la Révolution. Au Moyen Âge, bien des laïcs ayant la puissance politique et terrienne à une époque où la terre et les hommes qui la cultivent deviennent les seules richesses valables, donnent celles-ci aux abbayes pour des raisons diverses. Les abbayes, de plus en plus riches, ajoutent à leur pouvoir spirituel le pouvoir temporel. Ainsi, en 1145, la duchesse Mathilde, veuve de Hugues II, duc de Bourgogne, donne à l'abbaye de Saint-Étienne de Dijon (actuelle Chambre de commerce), les manses (exploitations paysannes) et les hommes qu'elle possède à Asnières (voir Parchemin ci-contre). À partir du xiiie siècle, toute la paroisse d'Asnières devient possession des abbés de Saint-Étienne. Par un écrit en 1232, le duc Hugues IV, duc de Bourgogne, et sa femme, Yolande, vendent, par besoin d'argent et pour 3 000 livres, les terres, les vignes, les prés, les eaux, les étangs, le manoir, la justice haute et basse (toute forme de justice) d'Asnières aux abbés de Saint-Étienne. Il est dit, dans un autre texte de 1233, que les revenus de cette nouvelle possession des abbés serviront à faire une aumône de pain et de viande à tous les pauvres qui viendront à la porte du monastère de Dijon, le jour du Mardi gras. Asnières appartiendra au diocèse de Langres jusqu'en 1731, puis au diocèse de Dijon. Plus généralement, Asnières restera seigneurie de Saint-Étienne jusqu'à la Révolution de 1789.
En 1793, Asnières fera partie du canton de Messigny qui appartient au district de Dijon.
Puis, en 1800-1801, Asnières est inclus dans le nouveau canton de Dijon Nord. Asnières fait partie maintenant du canton de Fontaine-lès-Dijon.

Remarque importante
Le village d’Asnières compte, sous l’Ancien Régime, à côté du domaine seigneurial, des terres paysannes sur lesquelles le seigneur n’exerce que ses droits seigneuriaux, droits réduits au cours des ans. Les terres paysannes entrant dans le jeu des ventes et des héritages, semblent être de plus en plus entre les mains de Dijonnais qui paient comme propriétaires, le cens (impôt en argent) au seigneur et qui les font exploiter par les habitants. Ceux-ci sont donc des métayers ou vignerons pour autrui et généralement pauvres.



(cliché P. Rat)
LES GROTTES D'ASNIÈRES
Grottes ou carrières ?

Les Grottes d'Asnières sont très connues

 

Photo ci-contre : Diaclases sur ciel de carrière d'Asnières dans la grande grotte.

 

Ce sont, en réalité, des carrières de pierre souterraines (lien ci-contre). On en tirait une pierre de qualité : il s’agit d’un calcaire très fin, très blanc, à cassure très finement granulaire, homogène, d’aspect un peu crayeux. Sédiment de fond marin calme, c'est une boue chargée de petits fragments de coquilles et d’oolithes ayant évolué en un calcaire microcristallin. Âge : jurassique supérieur (Kimméridgien), 145 millions d’années. C’est une pierre facile à travailler, qui se prête très bien au sciage. Contenant de l’eau lorsqu’elle est extraite, elle doit être "ressuiée" pendant un an environ. Elle a été utilisée dès l’époque gallo-romaine : sarcophages, dalles de toitures (temple de Mithra, aux Bolards, à Nuits-Saint-Georges).

De ces carrières ont été extraits les éléments qui ont servi à construire plusieurs édifices de Dijon : flèche de Saint-Philibert, tour de Saint-Michel, une partie de Notre-Dame et de la Sainte-Chapelle, la rotonde de la crypte, ainsi que les ogives et les portes hautes de la cathédrale Saint-Bénigne, la tour Saint-Nicolas (rue J.-J. Rousseau), la tour Saint-Pierre (rue Chabot-Charny), la tour Saint-André (rue de Tivoli), la Sainte-Chapelle (malheureusement détruite)… Beaucoup de Dijonnais l'ignorent, mais Asnières, par ses pierres, a grandement contribué à la construction et à l'embellissement de la capitale bourguignonne.
Claus Sluter (Haarlem, ≈1350-Dijon, 1406), sculpteur français d'origine néerlandaise, principal représentant de l’École de Dijon et "Ymaigier" du duc Philippe le Hardi (XIVe-XVe siècles) a utilisé cette pierre pour sculpter le portal de la Chartreuse de Champmol, le Puits de Moïse, le tombeau de Philippe II le Hardi.
En 1675, Jean Dubois sculpta aussi la pierre d’Asnières qui se conservait admirablement.
Bien sûr, l'église d'Asnières fut bâtie dans ce matériau.
On trouve aussi cette pierre, clairsemée, dans les murs des vieilles maisons du village.

(Renseignements fournis par Pierre Rat, professeur à l’université de Bourgogne, Sciences de la Terre).

 



DES SOCIÉTÉS SECRÈTES DANS LES GROTTES D'ASNIÈRES...
Sous Napoléon III...

Les grottes eurent, au fil des années, des destinations diverses.

On a retrouvé une médaille datant de 1853, conservée dans le Médailler Guéneau d'Aumont, à la Bibliothèque municipale de Dijon. D'un côté, un cœur percé d'un poignard avec la mention PRESIDENT BESOUL, entourée de la mention SOCIETE DEMOCRATIQUE DIJONNAISE GROTTES D'ASNIERES ; au revers, une chaîne dont les anneaux sont traversés, de distance en distance, de poignards. Une inscription apparaît : NOUS PERCERONS TOUS CEUX ENNEMIS.

Rappelons le contexte d'alors :
- 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte s'empare du pouvoir par un coup d'État.
- 2 décembre 1852, c'est la proclamation de l'Empire. Louis-Napoléon Bonaparte prend alors le nom de Napoléon III.
- Jusqu'en 1860, l'Empereur Napoléon III règne et gouverne seul, et ne souffre ni atteintes ni obstacles à l'exercice de la primauté impériale.
Le parti républicain semble écrasé par une sévère répression. Cependant, des "sociétés secrètes" se formeront dans toute la France, surtout dans le Midi.
Dans les grottes d'Asnières se réunissait la "Société Démocratique Dijonnaise", sous la présidence du cordonnier Besoul, condamné par le tribunal correctionnel, fin 1853, à trois ans de prison, deux cents francs d’amende et cinq ans de privation de droits civils. Douze autres membres de cette société furent également condamnés à des peines diverses.
Une autre société, "Les vrais vengeurs de la Démocratie", se réunissait également dans les grottes d'Asnières. Début 1854, un jugement condamne dix membres de cette société, dont un certain Ernest Besoul, frère du précédent.
Parmi les condamnés, Louis Renucci, sera plus tard rédacteur du journal "La Libre Pensée" et du journal "La Commune de Paris", en 1870, à Paris.

Les grottes servirent aussi de lieu de réunions de carbonari, adeptes des idées libérales qui secouèrent l'Italie et eurent des répercussions surtout dans l'Europe occidentale du xixe siècle.

De 1880 à 1909, on développa sous terre la culture de champignons, activité plus paisible et moins révolutionnaire. L'Agricus edulis, à saveur et odeur très agréables, et à chair ferme, était très recherché par les gourmets. De 1898 à 1909, M. Cauchois fit fortune avec ses champignons et s'en alla à Paris. Moins rentable que dans la capitale, cette culture fut ensuite abandonnée.

Beaucoup plus tard, ces grottes creusées de main d'homme, ont tenté les modernes spéléologues, qui y organisèrent des excursions.

Ces carrières sont actuellement murées et ne sont pas visitables.



La tombe d'Anne Lamblin
ANNE LAMBLIN PARISOT
Bienfaitrice de la commune

Anne Lamblin naît à Hauteville en 1741

Asniéroises et Asniérois, vous avez sûrement remarqué cette plaque discrètement apposée sur le mur d’une maison, derrière l’église ? On peut y lire

RUE
Lamblin Parizot
bienfaiteur de la commune

Or, ce bienfaiteur était… une bienfaitrice.

Mais savez-vous qui elle était ? Férue d’Histoire — de la grande et de la petite — j’avoue que cette inscription laconique, sans dates, a piqué ma curiosité. Qui était Madame Lamblin Parizot ? Quand a-t-elle vécu ? Et pourquoi une rue d’Asnières porte-t-elle son nom ? Qu’a-t-elle fait ? Et dans quelles circonstances ?

Quelques-unes de mes questions ont trouvé réponse dans les documents que j’ai consultés dans les archives de notre mairie et aux Archives départementales de la Côte-d’Or (rue Jeannin, à Dijon), dont certains documents, sachez-le, sont accessibles "en ligne", aubaine pour tous ceux qui "surfent sur le Net"…

Les personnes intéressées par la suite de l'histoire d'Anne Lamblin peuvent télécharger le document (voir ci-dessus).




Une commune citée dans les textes...
... depuis le IXe siècle
L'histoire d'Asnières et celle de son église sont intimement liées (lire la suite)

L'église
Consacrée à Dieu sous le nom de Notre-Dame-en-sa-Nativité
Quelques beaux objets classés (lire la suite)

Confirmation de l'affranchissement des biens de Saint-Étienne à Asnières par la duchesse Mathilde, veuve de Hugues II
Pièce conservée aux Archives départementales, dans le fonds de l’abbaye de Saint-Étienne, sous la cote G 321. (lire la suite)

Description historique et topographique du duché de Bourgogne
M. Courtépée, Prêtre, sous-principal-Préfet du collège de Dijon M. Béguillet, Avocat, Notaire de la Province, correspondant des Académies Royales des Sciences et des Belles-Lettres, Honoraire de l'Institut de Bologne, des Arcades de Rome, etc. (lire la suite)

Liens utiles
La pierre d'Asnières

Téléchargements
Anne Lamblin Parisot

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Description particulière du Dijonnois