Recette (vieux français).
Très nouvelle et nectarique recepte de substantifique boysson cy appelez Mûrée de Marsannay ,
ainsi que la décrit le Grand Chambellan de la Gourmette Confrèrie
sur le bon boyre et manger d'antan en Marcenay
et ce jour d'hui
à Marsannay-la-Côte.
Afin d'avant disner composer un breuvaige,
Il fault pour ingrédient assurer deux flacons,
L'un contenant la mûre cueillie en son bon aige,
L'autre de Marsannay rosé, belle boysson.
Mettez sur vostre table, verres fins ou guobeletz
Et versez en yceulx lentement dès l'abord
Un doigt de cette crème aux cardinaux reflects
Dont, s'il en manque un peu, il fault en mettre encore.
Mais point trop toutefois pour le bonheur garder
Car ensuyte ajoutez zn cette mesme place
Sixte mesures du vin de Marsannay rosé,
Léger, clairet, friand et froyd comme de la glace.
Ce faict, aurez très doulce et suave boysson
Comme on en dit souvent n'exister que des dieux;
Il y faudra venir comme à bonne rayson
Sans toutefois languir ni de bec ni des yeux.
Adhoncques messeigneurs, tastez cet élixir,
Soupirez donc ainsi pour gentes damoyselles
Ycelles défendant leur coeur à grand plaisir
Le pâtre étant poête, la dame pastourelle.
Qui boyt cette mûrée n'ira pas d'une fesse,
Ne gardera sa soyf avant que de long temps
Beuvez amys, beuvez plutot soyez en lyesse,
A l'envie du baiser et du regard brûlant.
Elevant vostre verre aux reflects sans pareil,
A la mûrée trinquant désormais tout le jour
De Marsannay louerez les vertus de la treille
Qui fait venir une heure, y revenir toujours.
(Composé par Michel AMALRIC - à la manière de Jehan Gormant, moyne de l'abbaye de Thélème, telle qu'il rapportait sur le très vieyl Vin Blanc Cassys).
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