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LES LAVOIRS ET LES SOURCES
C'est au début du XIXème que fleurissent dans tous les villages de France les lavoirs, dans leurs différentes formes. Sommaires au début, et ensuite construits par les architectes, ils étaient composés d'un bac en pierre, avec bordure inclinée pour le lavage, munis parfois d'un toit, et placés à l'aval d'une source – ce qui est le cas à Crissey – ou d'un ruisseau. Il nous en reste de fort jolis, habilement restaurés, fleuris en saison, qui peuvent faire l'objet de promenades, et, pourquoi pas aussi l'objet d'une collection de cartes postales, celles-ci étant fort rares en ce qui concerne les lavoirs.
A cette époque, comme aux siècles précédents, on faisait la lessive deux fois par an, c'était un gros travail, qui durait deux ou trois jours, ce qui imposait au couple un trousseau important fourni par la mariée en dot. Ce trousseau se composait principalement de draps, linge de corps, linge de table, chemises. Beaucoup de ces pièces étaient en chanvre, et venaient de la famille. Presque inusables, elles avaient parfois une durée de vie supérieure à celui qui les portait. Au XIXème, le linge était encore tissé sur des métiers à la campagne à partir de chanvre cultivé sur place dans les chènevières, il y en avait un certain nombre à Crissey. Cette coutume du trousseau s'est d'ailleurs perpétuée dans les campagnes jusqu'au début de la guerre 39-45, et même après. Pour faire la lessive, on récupérait d'abord la cendre de bois produite par le foyer, en éliminant la cendre de chêne qui aurait taché le linge. On tamisait afin d'éliminer les petits morceaux de charbon de bois. Le linge blanc et écru était disposé par couches dans un cuvier en cuivre ou en bois, la cendre placée par dessus, sur un drap, et l'on commençait de verser de l'eau tiède, puis chaude, et enfin bouillante pendant de longues heures sur le linge. L'eau de lessive, le "lessu" ou "lissu" s'écoulait par le trou de vidange, était récupérée, réchauffée, et reversée sur le linge. On laissait tremper toute la nuit afin de laisser agir l'eau chaude et la lessive. Le lendemain, le linge était chargé sur une brouette, et on allait le rincer au lavoir, et le faire sécher sur le pré, ce qui le blanchissait encore en raison de l'oxygène dégagé par les plantes, ou sur des fils tendus. Le linge couleur – il y en avait peu – était lavé à la brosse en chiendent et au savon sur les plans inclinés du lavoir. L'arrivée de la lessiveuse en tôle galvanisée fonctionnant sur le même principe facilita grandement cette tâche. Son usage se développa dans les villes à partir de 1870, et elle se substitua plus lentement au lavoir en milieu rural. Et il fallut attendre les années 1960 pour que se généralisent les machines à laver. Parallèlement, l'industrie des lessives fit un grand progrès, et le linéaire de rayons qui leur est attribué dans les grandes surfaces est édifiant à ce sujet. Mais revenons aux lavoirs de Crissey. Le lavoir couvert – nommé "le petit lavoir" – a été construit en 1878. Il est alimenté par la source qui se trouve en face. La couverture vient d'être refaite, mais la partie inférieure est encore en très mauvais état, et les travaux d'aménagement et de remise en valeur sont prévus. En 1972, la toiture avait été refaite bénévolement par Monsieur Georges Clerc, maître couvreur à Crissey, aidé de ses compagnons et des jeunes de la commune. Ce travail avait donné lieu à une réception, au mois de mai 1972, et à une allocution de Monsieur Raymond Dubief, maire à l'époque. Le procès verbal d'inauguration fut scellé le même jour dans le poinçon surmonté d'une girouette. Malheureusement, au cours de ces dernières années, des vandales ont arraché le poinçon, et ce document est perdu à tout jamais. "Le Grand lavoir" est sans doute le plus ancien des trois. A ciel ouvert, et situé Chemin des Courses, il est alimenté par une source située à flanc de coteau. Lors de fouilles sommaires en 1869, on a trouvé autour de ce lavoir de nombreux fragments de poterie de l'âge de la pierre et de l'époque gallo-romaine, ainsi que quelques monnaies. Il serait sans doute intéressant de procéder a des fouilles archéologiques sérieuses, et, pourquoi pas avec l'aide des enfants des écoles. "Le lavoir des Prés", autrement dit le lavoir de Perrey, a été construit en 1848, d'après les plans de l'architecte Vesval de Chalon en date du 8 septembre 1847 pour la somme de 722,87 F. En fort mauvais état, il fut nettoyé et réparé bénévolement par Monsieur Guillon, marbrier, dans les années 1985-87. Sa source est souvent tarie, un drainage ayant été fait sur le terrain situé en amont, et ce drainage est raccordé au fossé plus bas.
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MISE EN VALEUR DES LAVOIRS
Le Conseil Municipal réfléchit à poursuivre la mise en valeur de nos lavoirs pour l’année 2006. Ce travail pourrait être confié à notre apprenti du service Espaces Verts, ce qui consisterait pour lui à présenter un projet qui lui tiendrait lieu de mémoire professionnel de fin d’études BEPA. Validé par le Conseil, ce projet pourrait être subventionné par le Pays du Chalonnais dans le cadre de l’aide à la restauration du petit patrimoine..
La plus importante, celle du chemin des Courses, était réputée autrefois pour la qualité de son eau (1). Elle a sans doute été sacrée autrefois. Le griffon sort d’une niche en maçonnerie très ancienne, dans laquelle sont encore deux supports en pierre. L’un de ceux-ci portait toujours au début du XX ème siècle, une tête en pierre, de facture romaine, sans doute un dieu des eaux. La niche est très abîmée ; il reste, du côté gauche, un bout, de corniche portant une inscription énigmatique : A B C D E E, le F étant tête en bas, et il ne s’agit pas d’une erreur. Le reste de la corniche étant détruit, nous ne savons pas en quoi consistait ce message. Etait-ce, en caractères latins, la traduction d’Alpha à Oméga, ce que Dieu avait créé, mais pourquoi le F à l’envers ? Voici ce que disait de cette source en 1869 Monsieur Landa, de la société d’histoire et d’archéologie. “ Cette source m’a donné beaucoup de silex, et plusieurs fragments de poterie de l’âge de la pierre et de l’époque gallo-romaine. Cette source est de beaucoup la plus considérable ; avant de devenir lavoir communal, elle a été à son heure, quelque peu déesse, recouverte d’un édicule dont les restes se voient se voient encore tout à l’entour. Au point d’où sourd le mince filet d’eau, règne un débris de niche en maçonnerie soutenant les terres supérieures ; et, au fond de cette niche, quelques pierres offrent encore des traces de sculptures grossières, seuls vestiges de la piété des habitants de Crissey, païens ou chrétiens, je n’en puis juger par ces infimes débris ” De même qu’autour du lavoir, il serait intéressant d’effectuer des fouilles archéologiques et de nettoyer et réparer de façon discrète la niche avant qu’elle ne soit complètement délabrée. La source du “ petit lavoir ” sort en face du lavoir de l’autre côté de la rue. Elle coule d’un bassin encore en bon état, abrité par deux grosses dalles de pierre. Son débit est très réduit, presque inexistant parfois. Quant à la source de Perrey au-dessus du lavoir du même nom (son surnom lavoir des prés vient, je pense, d’une déformation de lavoir de Prey – ainsi que les anciens appelaient Perrey). Elle sort également d’un bassin, mais son débit est moins important depuis qu’un drainage a été effectué sur les terres au-dessus. Ce drainage se jette au fossé quelques mètres plus bas – Peut-être serait-il judicieux de le joindre à la source ? (1) au XVIIIème siècle, le curé de Crissey disait, en parlant de cette source “ une fontaine réputée pour la bonté de ses eaux ” En 1755, le curé de Perrey nous parlait ainsi de son village et de la source : “ le nom propre de mon village chef-lieu de ma paroisse est Perrey ; on l’appelle par corruption Prés, etc. … Un petit ruisseau qui prend sa source à une fontaine distante de mon village de trois cents pas au couchant se jette dans la prairie dudit Perrey, etc. … ” Analyses des sources de nos lavoirs (octobre 2002) Grand Lavoir Qu'en est-il actuellement ? Une analyse du 29 octobre 2002 nous parle d'une eau très dure, de minéralisation importante, contenant des germes de contamination d'origine fécale, et présentant une teneur excessive en nitrates. Eau impropre à la consommation. ( les pesticides n'ont pas été recherchés) Lavoir de Perrey Eau très dure, minéralisation importante, teneur en nitrates et turbidité excessives. Les germes et les pesticides n'ont pas été recherchés. Eau impropre à la consommation. Ne pas consommer non plus le cresson poussant dans le ruisseau. Petit Lavoir Eau très dure, minéralisation importante, nitrates également, mais les nitrates, bien qu'en quantité trop importante, sont moins présents que dans les deux autres sources. la nappe doit être différente des autres sources. Les germes et les pesticides n'ont pas été recherchés.
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LES SOURCES
Nombreuses autrefois sur le rebord du Coteau, elles ne sont plus actuellement que trois; et toutes trois alimentent les lavoirs.
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