C’est en 1835, sans doute incitée par des exemples voisins eux-mêmes inspirés par les progrès de l’hygiénisme, que la commune de Granges songea à édifier un lavoir. Le 9 novembre de cette année-là, le conseil municipal demanda à l’administration l’autorisation d’acquérir une parcelle de pré appartenant à Philippe Ridard, de Mercurey, au lieudit « la Boudoire ». Cette appellation est en elle-même tout un programme. La Boudoire est le nom que prend ici la rivière de Granges, en dessous du hameau des Curles, nom vraisemblablement tiré du vieux français bouder, qui voulait dire déborder. L’endroit était propice car le futur lavoir promettait d’être alimenté par une source abondante située à proximité.L’autorisation accordée par ordonnance royale du 21 novembre 1836, l’acquisition des 13,37 ares de terrain se fit en février 1837 pour un peu moins de 1000 francs. Mais, par la suite, les choses traînèrent en longueur. Ce n’est qu’en 1843 qu’on put envisager sérieusement la construction projetée depuis plusieurs années. Sur les plans et devis de Thomas Barrault-Grassard, géomètre à Givry, l’adjudication des travaux d’édification du lavoir couvert de la Boudoire fut tranchée le 30 juillet 1843 à Pierre Raimond, tailleur de pierre à Buxy, pour la somme de 2899,35 francs. C’est à l’automne de la même année 1843 que le lavoir fut finalement édifié. Moyennant quelques retouches, les travaux furent officiellement reçus le 21 juillet 1844.Depuis, le beau et unique lavoir de Granges, située entre le bourg et les principaux hameaux, trône fièrement au lieudit de la Boudoire. Un site plein de mystère puisque la légende dit la source hantée par une dame blanche qui aurait, un beau jour, entraîné jusqu’au fond de ce marécage un pauvre paysan et son attelage venus y puiser de l’eau. De fait, on n’est jamais parvenu à sonder le fond de cette mare où la décomposition perpétuelle des végétaux qui la peuplent produit souvent des brumes énigmatiques…
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