 Le chapon emblématique des productions de Bresse, serait-il en péril?
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10/05/2008
La réussite économique tout en respectant les sols
La forte hausse des matières premières alimentaires est peut-être pour le monde agricole la bouffée d'oxygène qui lui permettra d'arriver à l'efficacité économique tout en lui redonnant son rôle social et écologique. Exemple avec le Gaec Laurency à Saint-Usuge.
Avec l'importance de ses engagements au sein des structures professionnelles, Didier Laurency est obligé de jongler avec son emploi du temps. Mais il s'attache à être présent sur l'exploitation, un Gaec installé à Saint-Usuge, au côté de son frère Christophe, aux moments forts que sont Noël pour la préparation des volailles festives, pour les semis de printemps d'avril à fin mai, pour la récolte des moissons d'été en juillet et la récolte d'automne des sojas, tournesols et maïs, du mois de septembre à fin octobre, époque où ont lieu les semis d'automne. La part principale de l'exploitation, à 75%, réside dans les activités de polyculture. La Bresse n'étant pas une région céréalière, le choix des cultures doit amener à leur rotation qui permet de mieux maîtriser et raisonner l'utilisation des phytosanitaires. Pour le colza, l'alternance doit être de trois à quatre ans pour éviter l'installation des maladies de la plante. Il sera suivi d'un maïs, d'un soja, d'un blé puis d'un tournesol.
Écologie et économie; L'exploitation pratique le travail du sol direct, qui évite le labour et permet de conserver plus de matières organiques et une biodiversité des sols plus riche. De plus, cette matière organique limite l'érosion dans de fortes proportions. Les racines des plantes sont propices au drainage naturel et maintiennent une meilleure porosité. Tout ceci est possible car il n'y a pas à enfouir de résidus d'élevage. Il y a aussi un impact sur l'exploitation avec moins de matériels, une moindre consommation de carburant. C'est donc intéressant économiquement mais il faut maîtriser les mauvaises herbes. C'est pourquoi le sol n'est pas laissé libre, avec la mise en place d'inter-cultures qui ont aussi l'avantage d'être un apport nutritif pour la prochaine culture et ainsi de mieux maîtriser l'apport d'amendements. La valorisation des céréales passe par une structure de l'offre collective qui rassemble les tonnages pour constituer un interlocuteur propre à mieux négocier. Et même si la flambée des prix actuels est de nature à inciter à certaines imprudences, il ne faut pas oublier que la structure collective, c'est la sécurité, l'assurance de la solvabilité et qu'elle permet d'accéder aux ventes à terme et ainsi de choisir son prix de vente. Les productions s'orientent de plus en plus vers la recherche de qualité et de traçabilité. C'est particulièrement vrai pour les blés avec des qualités boulangères spécifiques très appréciées.
8 000 poulets; Le temps est un facteur contraignant et Christophe ne pouvant tout faire, la production de poulets est limitée actuellement à 8 000 unités. Souvent, c'est lui qui lâche les volailles le matin et Didier qui passe le soir. C'est une production réalisée en groupement avec Gérard Terrier de Saint-Trivier-de-Courtes qui gère les plannings et assure la commercialisation. Ce marché a su répercuter ses coûts mais la volaille de Bresse souffre d'une accumulation de handicaps de nature à remettre en cause sa pérennité, notamment une chute inquiétante du nombre d'éleveurs. Avec pour conséquences un mauvais amortissement des coûts du centre de sélection qui ne trouve plus son équilibre. Les conditions actuelles de production, prévues au cahier des charges sont-elles à l'origine de ces graves difficultés ? Ces difficultés sont préoccupantes mais n'arrêtent pas les frères Laurency dans leurs projets et une nouvelle croisade, avec prochainement la restructuration pour 200 000 euros des bâtiments de l'exploitation avec des technologies faisant appel aux énergies renouvelables.
 Christophe et Didier Laurency en compagnie de Tim l'épagneul de Saint-Usuge, devant le matériel de semi-direct
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 Les blés destinés à la meunerie seront livrés en juillet aux silos de la Coopérative de Bourgogne du Sud
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