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Tourisme > Découverte
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Le moulin de Colanges
UN PEU D'HISTOIRE Recherches d’Angèle Léchère et Josette Beurrier.
LES MOULINS

Les moulins existent depuis l’antiquité, avant l’an 1000, leur développement reste très limité, l’économie étant alors fondée sur la main d’œuvre abondante et peu onéreuse que constituent les esclaves.
C’est au XIéme siècle que se produit la grande révolution industrielle qui va entraîner le développement des moulins à eau. L’emploi de l’arbre à cames, transformant le mouvement rotatif de la roue à aubes en mouvement alternatif vertical, autorise la création de moulin à papier, de moulins foulons et de moulins à huile.
La carte de Cassini (bulletin 2002) nous donne une idée de leur considérable développement jusqu’à la révolution. L’apogée des moulins traditionnels se situe néanmoins au milieu du XIVéme siècle. Malgré leurs efforts pour se moderniser, ils connurent alors le déclin en raison de la concurrence de nouvelles dormes d’énergie.C’est pourquoi, certains ont appelé ce millénaire qui vient de finir le millénaire des moulins.


Les moulins ont-ils une histoire ?
Une ou plusieurs, mais pas écrite par leurs meuniers qui, pendant longtemps, ne savaient même pas signer leur nom. Savaient-ils au moins compter ?


Leur construction
Pas de réponse sur les dates, aucun document. Tout ce qui est encore visible sur le terrain : bâtiments, biefs, reste d’écluses est antérieur à la révolution, de même que les emplacements d’installation détruites figurant au cadastre de Napoléon (ancien cadastre).
Les constructeurs ont été les seigneurs, les abbés, les prieurs avec des accords passés avec leurs tenants. Souvent les moulins d’un seigneur étaient amodiés (affermés, loués) au fermier général du château et qui mettait des meuniers travaillant à certaines conditions de partages des bénéfices. Les habitants avaient obligation d’utiliser les moulins, les fours à pain, fours à chaux, pressoir, forges.. Moyennant redevance appelé banalité. On disait moulins banaux, four banaux etc..
Courtepée dans son livre raconte « le château de Collanges (Collum Augustum) à l’entrée d’une étroite vallée, était possédé dès le XIéme siècle par la puissant maison des Damas de Couzan. Robert Damas, partant pour la terre sainte en 1106 donnait à l’abbaye de Cluny, pour l e repos de son âme, l’église et son cimetière, les meix(hameaux) de Collanges  et de Pommier ainsi que le moulin de Vendenesse (ou était-il situé ?)
Leur nombre
Sur Vendenesse on trouve la trace de 7, peut être même 8 moulins. C’est beaucoup, mais des explications sont possibles :
Ce nombre a évolué au rythme de l’évolution générale, entraînant des disparitions. Ils n’ont jamais fonctionné tous en meme temps.
En 1730, Collanges appartient à Charles Etienne Maynaud, conseiller au parlement de Paris. Parmi toutes les possessions du château, Courtépée cite 4 moulins : « celui du château, moulin Aublanc, des Landes, et Saint-Brancher valant 100 livres de rentes » La carte de Cassini en donne 5 et 6 sont dessinés sur le cadastre de Napoléon. Le moulin des Drôles sera construit vers 1824.
Les moyens de transport et l’état général des voies de communication n’ont évolués que lentement.
La météorologie a toujours dispensée des périodes humides et des temps secs. De longue périodes de basses eaux, mettent les moulins en chômage plusieurs mois par an, les hautes eaux n’arrangent pas non plus le fonctionnement des anciennes roues à aubes. Il a fallu les roues à augets pour pallier certains de ces ennuis. La roue à augets se compose de deux couronnes annulaires montées sur un axe horizontal et entre lesquelles sont fixé »es des cloisons formées du coté intérieur par une planche circulaire. L’eau introduite entre les cloisons se trouve ainsi contenue dans une sorte de vase appelé auget.
La puissance motrice des roues est restée faible, 3 ou 4 CV sont souvent cités, ce qui ne permet pas de gros débits de mouture.
Le matériel, avec beaucoup de bois putrescible, ne dure pas longtemps et les meules sont fragiles. Leur frottement provoque parfois des étincelles qui mettent le feu. Ce qui oblige le propriétaire à reconstruire.


Leurs activités
Leurs activités sont diverses et en étroite relation avec la vie quotidienne et son évolution.
Tous ont été moulins à grains, mouture de céréales : blé, seigle, avoine, orge, base de l’alimentation humaine pendant très longtemps. Ils ont deux paires de meules : une paire pour le blé et une autre pour les autres céréales. Plusieurs ont été aussi moulins à huile, les noix étant la matière première de nos régions avant l’arrivée d’autres cultures oléagineuses. A l’époque de la récolte des noix, c’était une joie pour les enfants d’aller au moulin chercher la « gouée » de noix pressés, sorte de tourteau frais dont ils se régalaient. Quand ils en avaient mangé » tout leur saoul, on les disait « agoués »c'est-à-dire rassasiés (terme faisant partie du patois). En plus des moulins à eau, dans le registre des patentes, il est fait mention de 1860 à 1886 d’une huilerie au bourg et d’une autre à la Fourche. Au bourg, elle était située sans la maison de Mme Monvernay. Cette huilerie se compose d’une pièce assez vaste qui renferme la paire de meule nues par un manège et 2 presses à bras en fonte. Le logement de 2 pièces est contigu. Jean Auduc est le propriétaire. L’établissement est vieux et en mauvais état. A la fourche, l’huilerie est derrière l’auberge du Cheval blanc. Elle comprend l’outillage ordinaire, 1 paire de meules, 1 paires de cylindres, 2 presses en fonte en bon état. En 1874, Jean Tillier est propriétaire de l’auberge et de l’huilerie à manège.
Autre activité présente dans certains moulins, le travail du chanvre La culture de cette plante totalement disparue de notre Charollais, se faisait chez tous les paysans dans les meilleures parcelles de terrain appelées chènevières. En 1860, 160000ha étaient cultivés en France, ce chiffre est tombé à 1000 ha en 1960.
C’était un produit de première nécessité pour fabriquer des draps, chemises, torchons et toutes sortes de cordage et toiles de sacs. Une fois la récolte effectuée, la plante devait être séchée au soleil et battue par les femmes afin de recueillir les graines de chènevis. On immergeait ensuite les bottes dans l’eau pendant une semaine pour les pieds males et deux semaines pour les pieds femelles, pour récupérer la filasse et la débarrasser de la pectine qui lie ses fibres. Les bottes, une fois délivrées de leur pectine, étaient ensuite séchées dans le four à pain. On les emportait au moulin pour écrasé les tiges afin d’extraire les fibres. Tout d’abord, l’écorce, la chènevotte, et la filasse étaient détachées les unes des autres à l’aide d’une sorte de peigne en fer. Dans les registres paroissiaux, Philibert Antoine est peigneur de chanvre à Bierre. Les plantes étaient broyées puis peignées à maintes reprises pour obtenir du fil lissé sur la quenouille et plus tard à l’aide du rouet. Les écheveaux obtenus pouvaient ensuite être tissés par les tixiers en toile très nombreux : Desmures Jean, Litaudon Sébastien, Dazy Claude, Guichard Claude etc. : Noms relevés dans les paroissiaux. C’était un travail difficile puisqu’il se réalisait dans des milieux humides, le chanvre devient cassant s’il est dans un endroit sec et chaud. A Vendenesse, il y a eu des tisserands jusqu’au début du 20éme siècle : Jean-marie Aumaître surnommé le « Père Desmeur » tisse et fabrique des pièces de drap de chanvre qu’il livre avec sa charrette à deux roues jusqu’à Gibles.  Plusieurs moulins étaient équipés pour ces trois activités. La force motrice de l’eau a servi aussi à scier le bois au moulin des Drôles et à fabriquer de l’électricité au moulin de Collanges.
Les meuniers
Très vite, les meuniers se sont affirmés dans les communautés rurales comme des hommes ayant un statut particulier, celui de transformer la matière. Le privilège dont ils bénéficient, irrite les villageois. Quand même le meunier est-il le plus honnête des hommes, on le soupçonne toujours de tricher sur la qualité ou quantité de la farine rendue. Le meunier a aussi la réputation d’être un bruyant bavard et goliard : « dont les propos sont surtout de péchés et de ribauderie ». Ce sont les épouses qui apportent moudre le grain et les maris voient d’un mauvais œil leur attente au moulin.
Si la mine et les propos du meunier sont critiqués, on le jalouse aussi de la meunière « car elles sont belles avec fichus de dentelle et croix d’or ». Les moulins sont tenus souvent de père en fils par la même famille dont le moulin finit par porter le nom. Par manque d’eau, à Vendenesse, les moulins chôment jusqu’à 4 mois dans l’année. De ce fait, les meuniers sont également paysans et parfois tisserands, meunier tuilier.


En 1827, un plaignant écrit au maire pour l’instruire que le meunier au moulin des Landes, étant tisserand a oublié lors de la dernière crue de lever les pelles. Ce qui a occasionné des dégradations sur la voie publique qui est devenue impraticables pour les voitures.
Ou sont situés les moulins ?


Il y a les moulins de rivières et les moulins de ruisseaux.


Le moulin de rivière est activé en ouvrant les vannes du barrage, c'est-à-dire les pelles grâce à un système mécanique. Les eaux du débit de la rivière (trop-plein) s’écoulent sur un plan incliné solidaire du barrage. S’il n’y a plus de trop-plein, le bief en amont du moulin est suffisamment long pour constituer une réserve d’au pour attendre de nouvelles pluies.
Le moulin de ruisseau : un étang est constitué en barrant le ruisseau par une chaussé construite avec des pierres et de la terre. L’eau arrive par un chenal suspendu. Même si le débit du ruisseau est peu important, l’étang se remplit. Afin d’éviter que les eaux débordent et détériorent le barrage, on règle suivant la pluviométrie un écoulement de vidange. Ces étangs servaient de réserve de poissons pour le carême et les jours maigres.
Trois moulins ont été construits sur le ruisseau de Saint Brancher.
Le moulin Prudhon dit Perdon ou Pardon a cessé ses activités au moment de la révolution. Il était situé en face de la carrière à Marc Sivignon.
Dans les registres paroissiaux, nous trouvons Philibert Nuzillat, meunier au moulin Perdon en 1782.
Plus haut sur le ruisseau, le moulin des amours est tenu par la famille de meunier Amour. Jean Amour décède en 1741 à 90 ans, son fils Pierre lui succède dès 1838 puis Mathieu en 1775 et Louis en 1790. En 1824 Cleaud Pierre est propriétaire du moulin ou l’on fabrique aussi de l’huile. D’après le registre de patentes, c’est un moulin à blé exploité en 1855 par Claude Lathuiliere puis par Aucanot Dazy en 1860. Il possède 2 paires de meules qui chôment de 4 à 5 mois par an, par manque d’eau. La force motrice est de 3 chevaux et la valeur locative par cheval est de 100 francs. Ce qui donne un prix de 300 francs de location et de 20 francs pour la maison qui a 2 pièces. Situation isolée à 7km du bourg et 1km de la route. Chute 4.50 m, 2 roues à augets de 3 m et de 4.33m. En 1874, il possède une machine à vapeur de 4 à 5 chevaux. C’est un moulin en bon état ayant au rez de chaussé, bluteries et engrenages en fer et fonte ; au 1er les meules, système français et le monte sacs, hangar contigu pour la machine à vapeur, habitation à la suite du moulin. Les activités cessent vers 1886 après un incendie.
Vers 1894, Mathieu Amour de la même famille que les précédents fait une demande à la mairie pour installer un moulin dans un ancien bâtiment, sur le ruisseau de Saint Brancher à 3.5 Km du bourg sur la route de Macon. Situé également près du pont des Drôles, il sera appelé moulin des Drôles (près de la maison de Jean-Paul Berland). D’après le registre des patentes, il est toujours tenu par Mathieu Amour en 1855. Les 2 paires de meules chôment au moins 4 mois par ans par manque d’eau. La force motrice est de 3 chevaux. Il a deux roues à augets de 3,2 m de diamètre et une chute de 4m. Amodié (loué) le 19 août 1862 par Chavot Pierre pour 612 francs dont il faut retrancher 2h83a62c de terres et de près estimés à 212 francs et 40 francs pour l’habitation (1 pièce). Anciens bâtiments, une bluterie et engrenage en bois, les meules, ancien système, le tout mal entretenu. En 1863, on ajoute une lame pour le sciage des bois de construction. Le moulin n’est plus utilisé à partir de 1885.
Un moulin a existé sur le ruisseau de Chaugne avant la révolution. Ce moulin était tenu par la famille Provillard ( Prouillard ou Broillard). Voici le texte relevé dans la justice de Collanges : «  9 mars 1764, Nicolas Prouillard marchand à Vendenesse, propriétaire du moulin situé au lieu de Pommier paroisse de Vendenesse, sa propriété » bordé de midi par le ruisseau fluant du moulin à Chosne dans laquelle terre il avait 7 arbres hormes emplantés, qu’il conservait lesquels ont été coupés et enlevés en février, porte plainte contre ……(illisible) (la terre appelée champ de la planche) » Feuilles signées par Aubery le jeune.
Toujours dans la justice de Collanges, dans un autre texte, Nicolas Prouillard est appelé meunier tuilier. Après la révolution, le moulin n’étant plus utilisé est porté masure dans le registre du cadastre.
Pour apporter de l’eau à votre moulin, on relève dans les registres paroissiaux : en 1694 Bonnot Claude, meunier à Chapendy, en 1698 Dupau Philibert meunier à Chapendy et enfin en 1772 Dumont Jean, meunier au moulin de Chapendy.


A suivre : les moulins sur la Semence.


Source : archives municipales, archives départementales, sur les traces de nos anciens moulins de Gérard Descus. Le progrès du dimanche. Ton vieux pays. Au carrefour des 3 provinces de Marthe Gauthier.


 


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Le moulin de Colanges