Les fours à chaux de Vendenesse les Charolles (classés Monument Historiques) ont fait l’objet d’une restauration dans le cadre de deux chantiers d’insertion conduits par TREMPLIN Homme et Patrimoine entre 1999 et 2001.
Livrés à l’abandon depuis les années soixante, les fours à chaux de Vendenesse-les-Charolles risquaient de disparaître.
L’Association de Sauvegarde des Fours à Chaux de Vendenesse-les-Charolles et la Commune de Vendenesse-les-Charolles ont alors décidé de les sauver.
Après la réalisation d’un projet de restauration validé par Frédéric DIDIER, architecte en chef des monuments historiques, il a été décidé de confier la réalisation des travaux à l’organisme de formation TREMPLIN Homme et Patrimoine dans le cadre de chantiers d’insertion.
Un premier chantier d’insertion avec 16 bénéficiaires du RMI a permis de mener à bien la restauration des fours à Chaux de Vendenesse-les-Charolles.
Un second chantier d’insertion a conduit à aménager l’accès et les abords et à en assurer la mise en valeur. Un CD ROM sur le métier de chaufournier a été réalisé dans le cadre du chantier d’insertion grâce au concours de M. PINEL, chaufournier à EBREUIL dans l’Allier.
Aujourd’hui les fours à chaux de Vendenesse-les-Charolles sont ouverts au public de juin à septembre.
Ces chantiers d’insertion ont également permis aux participants de se repositionner dans de bonnes conditions sur le marché du travail.
Cette opération a été financée par :
La Direction Départementale du Travail de l’Emploi et de la Formation Professionnelle de Saône-et-Loire (DDTEFP),
Le Conseil Général de Saône-et-Loire,
Le Fonds Social Européen,
La DRAC Bourgogne,
La commune de Vendenesse-les-Charolles
Sauver les fours à chaux de la ruine n’a pas été chose facile, les démarches ont été longues et semées d’embûches. Plusieurs tentatives se sont soldées par des échecs et chaque fois l’idée de raser cet ensemble devenu dangereux progressait.
Sous l’impulsion de la municipalité et d’une association, et avec l’accord du propriétaire, les fours à chaux ont été, après de nombreuses difficultés, inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 13 août 1993. Cette inscription n’a malheureusement pas permis d’entreprendre des travaux.
Les fours à chaux ont été enfin classés Monuments Historiques par un arrêté du 16 juin 1998. Cette protection tant attendue a permis de précipiter les choses.
Après la création d’une association locale «l’Association de Sauvegarde des Fours à Chaux de Vendenesse-les-Charolles», déclarée au Journal Officiel du 15 août 1998 et la signature d’une convention de partenariat en date du 8 décembre 1998 entre cette association et la municipalité de Vendenesse-les-Charolles, un bail emphytéotique d’une durée de 50 ans a été signée avec M. Rémy MERLE, propriétaire du site.
Devenue membre de la Fédération Sauvegarde des Monuments de Bourgogne et de ses Sites (SMBS) l’association de Sauvegarde des Fours à Chaux a enfin pu préparer un projet de restauration.
Une étude préalable, réalisée par SMBS et validée par Frédéric DIDIER, Architecte en Chef des Monuments Historiques, a permis d’élaborer un plan d’action
Les travaux de restauration programmés sur un an ont été confiés, avec l’accord et sous la conduite de Frédéric DIDIER, A.C.M.H., à un groupe de 16 personnes en situation de R.M.I., embauchées dans le cadre de contrats emploi solidarité entre le 10 mai 1999 et le 9 mai 2000. L’encadrement technique de cette équipe a été confié à SMBS, alors que l’accompagnement psychosocial et la formation revenait à l’organisme de formation TREMPLIN.
Il s’agissait par cette opération d’atteindre deux objectifs :
- mener à bien les travaux de restauration dans les règles de l’art,
- conduire les participants à se réinscrire socialement et professionnellement en utilisant le support confié comme un outil valorisant et dynamique.
Au terme d’une année de travail de restauration, les 3 fours à base circulaire, alignés et protégés par un couvert, complétés par un dispositif de monte-charge et une plate-forme de chargement articulée à l’accès à la carrière, ont retrouvé leur lustre d’antan.
Les choix de la restauration ont conduit à privilégier, en terme de restitution, l’état des fours et de l’équipement productif des années 20. Cela a conduit, d’une part, à conserver la lisibilité des états antérieurs (1871, 1920) et, d’autre part, à gommer les transformations (au demeurant peu nombreuses) opérées par la suite, qui ont souvent été source de désordres structurels.
Nous n’avons pas ici affaire à une oeuvre d’art construite dans les règles, avec un souci de recherche esthétique, mais à un outil de production, sans cesse adapté, sans schéma directeur, en fonction des besoins des hommes au travail.
Quoiqu’il en soit, il s’agit là d’un témoignage essentiel pour comprendre la réalité d’une activité industrielle de type rural des débuts du XXème siècle.
Mais contrairement aux constructions de type artistique qui, une fois restaurées, peuvent se contenter d’un strict entretien, des bâtiments de ce type nécessitent une fonctionnalité qui, seule, peut garantir le maintien de leur état de conservation.