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Tourisme > Patrimoine

EGLISE SAINT-MARTIN DE CHAMPIGNY

Les éléments les plus anciens de l’église de Champigny remontent à l’époque Romane.
La porte d’entrée avec ses colonnettes, leurs chapiteaux et les tores de l’archivolte en plein cintre permettent de dater cet ensemble du XIIème Siècle.


(par le Chanoine P. Mégnien - 1970)
L’édifice brûla au XVème siècle. La restauration s’étala vraisemblablement jusqu’au début du XVIème. En effet la cassure des deux arêtes du pignon montre que les bas-côtés sont venus s’ajouter plus tardivement à l’édifice antérieur. La fenêtre de gauche, de style flamboyant, évoque la fin du XVème ou le début du XVIème ; celle de droite, l’époque de la Renaissance.
C’est du coté Sud, au transept droit, que s’élève le clocher. C’est une tour de section carrée, semblable à celles qu’on voit à toutes les églises des environs et qu’on date des XIIème et XIIIème siècles. Comme elles, elle fut construite avec des pierres de grès dur trouvées dans la région. Deux contreforts à chaque angle contribuent à lui donner solidité et élévation. Deux étages au sommet : le premier, percé sur ses quatre faces d’une longue ouverture verticale garnie d’abat-son, sert de beffroi ; le second, reposant sur la tête des contreforts, abrite l’horloge.
L’actuelle horloge, aujourd’hui commandée électroniquement, a été électrifiée en 1952. Elle a remplacé la vielle horloge dont la Municipalité avait fait l’acquisition en 1873 et qui avait été payée avec, disait-on, l’argent reçu en indemnité pour frais d’occupation des troupes prussiennes en 1870. Cette mécanique montrait un tel mauvais caractère qu’on l’appelait : "la prussienne".
Le toit pyramidal, couvert d’ardoises, agrémenté de quatre lucarnes et surmonté de la croix et du coq traditionnel, symbole de la vigilance curiale, coiffe cette tour dans de bonnes proportions. Sur sa face Est, le clocher est flanqué d’une tourelle à l’intérieur de laquelle un escalier en colimaçon permet d’accéder au beffroi.
Des quatre ou cinq cloches qui jadis répandaient dans les airs leur gai carillon, deux seules subsistent.
La plus grosse fut deux fois bénite. Une première fois à sa « naissance », en 1680, par le sieur curé Michel Tissier. Elle fut alors dénommée « Barbe » par sa marraine Barbe Chaudet, dame de Champigny, son parrain étant messire Jacques de Bernard, seigneur du lieu. Cassée en 1854, elle ne donnait plus qu’un son faux et désagréable et fut refondue le 2 septembre 1858 sur la place du Champ Commun grâce à une souscription qui rapporta 650F. Il se révéla que dans l’opération, elle avait grossi de 30kg - elle en pesait désormais 992. Ladite cloche fut donc une seconde fois bénite, le 22 septembre 1858 par Monseigneur Mellon-Jolly, et prit le nouveau nom de « Marie- Françoise-Albertine », le parrain étant François Lallier, président au tribunal civil de Sens, et la marraine la baronne Dijols, née Adélaïde Esmangart de Bournonville.
Avec son acte de baptême, elle porte l’inscription latine dont voici la traduction : « Je loue Dieu. J’appelle le peuple, je pleure les défunts, je combats les démons, j’embellis les fêtes. Paix à tous, même à ceux qui refusent ».
La seconde cloche, plus petite, date de 1639. Elle fut nommée « Claude-Rémye-Colombe » par damoiselle Colombe Pot, fille du seigneur de Plénoche et de Claude de Bernard, et par messire Geniers, seigneur de Coudray.

UNE DAME DU MOYEN ÂGE
DANS L'EGLISE DE CHAMPIGNY

(par Sylvain VONDRA, avril 2000)

Peu d'éléments graphiques représentant la noblesse sénonaise médiévale ont pu nous parvenir aujourd'hui.
Généralement, la reproduction de personnages, est matérialisée soit sur la pierre ou, plus rare; sur parchemin.
Mais un autre reflet de la noblesse locale est, comme dans la plupart des régions, la dalle tumulaire. Malheureusement, le peu subsistant est rarement en bon état de conservation, probablement à cause des restaurations et rénovations successives, et des multiples remaniements de bâtiments qui affectèrent sols et murs des églises.
Otées de leur emplacement initial, les dalles ont souvent été retaillées ou mutilées pour devenir quelquefois des marches (comme à Saint-Agnan) ou plus souvent servir de table d'autel.
Ce ne sera qu'au XlXème siècle, probablement par une tentative de préservation, que celles-ci seront souvent redressées le long des murs, en guise de décor, entraînant ainsi la perte de l'identité du personnage enseveli au dessous.
L'église Saint-Martin de Champigny a la chance de posséder une de ces fameuses représentations de noblesse locale.
Mais, comme nous le disions plus haut, la dalle a volontairement été découpée, ne laissant apparaître qu'un visage féminin. Avec ce découpage, le texte qui encadrait la dalle a disparu, emportant ainsi à tout jamais l'identité de notre personnage.
Cependant, grâce au costume, ou plutôt à la coiffure, représentée sur la pierre, nous pouvons tout de même en faire ressurgir quelques informations.
En effet, nous savons que les chaperons du style de celui de la dame étaient faits d'une étoffe de lin blanc posée sur une toile épaisse. D'après les sources, ce genre de coiffure connut une grande vogue pendant tout le cours du XIIIème siècle qui persista jusqu'au commencement du XlVème, avec de légères variantes comme sur notre modèle ou l'on voit un morceau d'étoffe couvrant le tout.
Toujours est-il, que notre personnage possède quelques similitudes avec l'effigie funéraire de Maria Guérande de Montdidier, vivante encore avant 1319 et dont la dalle est conservée au Musée d'Evreux.
Ainsi, nous pouvons affirmer, sans trop prendre de risques, que la dame représentée dans l'église de Champigny, qu'elle eût été dame noble ou bourgeoise, était contemporaine du XIIIème siècle finissant ou du XIVème siècle naissant.


Le Marquis de MONTGON et
le MARQUIS DE CHAMPIGNY-MONTGON
sont inhumés dans l'église Saint-Martin de CHAMPIGNY

Inhumation de Monsieur le Marquis de MONTGON (6 Août 1782)

(Recherches: Jean-Claude BRUNEL)

L’an mil sept cent quatre vingt deux, le sixième jour d’août est mort, et le lendemain a été inhumé dans le caveau de la Chapelle de Sainte Croix de cette église, sépulture ordinaire des seigneurs de cette paroisse par moy curé soussigné, Messire Jean de ( Co..eboeuf de Beauvergier ?) Marquis de Montgon, ancien Capitaine de cavalerie au Régiment de Beaucaire, Seigneur de Vedrinnes paroisse de Lostinges, diocèse de St Flour en Auvergne âgé d’environ cinquante neuf ans.
L’inhumation a été faite en présence de haut et puissant Seigneur Messire Jean François Alexandre de Bernard Marquis Seigneur de Champigny, la Chapelle feu payen, Malvoisine, Beaumont, Blaisy, Chalette, Montenon, Comte et Seigneur Montgon et autres lieux, et de haute et puissante dame Anne Louise Bochart de Champigny, de Messieurs les prieurs Curés de Chaumont, de Villeneuve la Guyard, de Villeblevin, de Villethierry, et de Messieurs les vicaires de Chaumont, de Vinneuf, et Villeblevin, et de Monsieur Busnel desservant de la Chapelle des hattiers qui ont signé ./.

Champigny Montgon ; Stourm Pr. Curé de Chaumont
Bochart Champigny, Champigny Montgon
Michel, curé de Villeneuve la Guyard ; Lombard, curé de Villeblevin
Consolin, curé de Villethierry ; Godot, Vicaire de Vinneuf
Picard, Vicaire de Chaumont ; Delagneau, Vicaire de Villeblevin
Busnel, Desservant la Chapelle ; Viel, Curé de Champigny
Esmangart
Esmangart


Inhumation de Monsieur le Marquis de CHAMPIGNY MONTGON (30 Août 1782).
(Recherches : Jean-Claude BRUNEL)

L’an mil sept cent quatre vingt deux le trentième jour d’août est mort, et le lendemain a été inhumé par moy soussigné dans le Caveau de la Chapelle de Sainte Croix de cette église Messire Jean François Alexandre de Bernard, Marquis de Champigny, Chevalier de l’ordre Royal, et militaire de St Louis, Seigneur de Champigny sur Yonne, la Chapelle feu payen, Malvoisine, Beaumont, Blaisy, Chalette, Montenon, Florival, Comte et Seigneur de Montgon, et autres lieux âgé de soixante seize ans, sept mois et six jours. L’inhumation a été faite en présence de haut, et puissant Seigneur Charles Louis Testu Comte de Balincourt, Maréchal des Camps, et armées du Roy, gouverneur en survivance de Port-Louis et Blavet, Seigneur de Balincourt, Nelle, Arronville, Hedouville, Menouville, Theuville, Hesseville, Hodent Saint Lubin, la Chapelle, Margicourt, et autres lieux, gendre du défunt, du Sieur Jean Toussaint Bézanger procureur fiscal en la prévôté dudit Champigny, de Monsieur Barthélémy Stourm prieur Curé de Chaumont sur Yonne, de Monsieur Nicolas Etienne Viel, vicaire de cette paroisse, de Monsieur le Marquis de Chaumont, de Monsieur le Marquis de Fleurigny, de Monsieur le Comte de Fleurigny, de Messieurs les curés de Misy, Villeblevin, Villeneuve la Guyard, Villethierry, Villemanoche, Courlon, Pont sur Yonne, et de Monsieur Busnel desservant de la Chapelle des Hattiers, et de Mr le Vicaire de Pont sur Yonne qui ont signé ./.
Le Cte de Balincourt
Remond, Curé de Misy ; Lombard, curé de Villeblevin
Consolin, curé de Villethierry
Lavache ? Curé de Villemanoche ; Delanoüe, Curé de Courlon
Belhomme, Curé de Pont sur Yonne ; Busnel
Leclerc, Comte de Fleurigny ; Le Clerc mi de Fleurigny
Démoulin, Vicaire de Pont sur Yonne
- ? - de Chaumont ; Stourm, prieur curé de Chaumont
Michel, curé de Villeneuve la Guyard
Viel, Vicaire de Champigny ; Bézanger, procureur fiscal
Viel, Curé de Champigny sur Yonne



LES FONTS BAPTISMAUX
(d'après P. Mégnien)
Cet ensemble d'art rustique de qualité est digne de retenir l'attention. Entourée d'une délicate balustrade, une cuve de bois sculpté est surmontée par une sorte de baldaquin soutenant un globe surmonté d'une croix. La piscine, chresmée le 10 avril 1606, a reçu un décor propre à évoquer les eaux qu'elle contient : roseaux, nénuphars en fleurs et autres plantes aquatiques où se cachent des grenouilles et une poule d'eau.

(Compilation: Jean-Claude BRUNEL)


LA ROCHE MARQUEE

CETTE ROCHE DE GRES, AFFLEURANT AU MILIEU DES BOIS DE CHAMPIGNY A ETE GRAVEE PAR JACQUES PINON EN 1776
(cliché: Jean Ygnard)


Voici le texte que l'on peut y lire:

NE GATE RIEN DIEU
VOUS VOIT


(dessin d'une croix)
ST JACqvES
PRIE POVR MOI
CE BOIS AET PlANTE
PAR jAcqvES PINON
AN 1776
MON DIEU BENISE MOI SIL VOUS PLEIS
ET BENISE CE BOIS


Il est difficile de reproduire ci-dessus les défauts qui donnent toute sa saveur à ce texte, nous pouvons toutefois pardonner à l'auteur les quelques fautes qui ont fait naître la légende suivante:
Il aurait été berger et souhaitait graver une prière dans le bois lui appartenant. Malheureusement, il ne savait ni lire, ni écrire et le curé de la paroisse lui confiait une lettre à reproduire sur la roche à chaque fois qu'il assistait à la messe.

L'emplacement de cette roche n'est connu que par quelques initiés capables de la retrouver au milieu des bois de Champigny.
C'est d'ailleurs préférable, en effet certains visiteurs, croyant bien faire sans doute, tentaient de faire apparaître les gravures plus lisiblement en les retraçant avec une pierre ou un autre objet contondant.
Ces pratiques ne sont bien entendu pas compatibles avec une bonne conservation de cette roche.
Merci à ceux qui en connaissent l'emplacement de ne transmettre l'information qu'à des gens sérieux.


LES CROIX

Il existe de nombreuses croix à CHAMPIGNY et LA CHAPELLE.
Elles ne se trouvent peut-être pas à leur emplacement originel, mais elles ont le mérite d'avoir été restaurées.


La croix de Saint-Abdon et Sennen est située à la sortie de Champigny en bordure de la R.D.70 (direction Villethierry). Elle aurait été forgée par Alexandre, posée par Claude BACHELET et Marie ACIER le 19 Mars 1836. Restaurée en 1984. Voir photo jointe (Cliché S. Desnoyers).
La croix Saint Blaise est située à Beaumont, alors que la croix Saint-Jacques (en bois) se trouve sur le bord de la départementale, à l'ouest du bourg en direction de Chaumont. Elle se trouvait à l'origine sur le chemin de la Procession.
La croix Saint Jean-Baptiste se trouve face au cimetière et la croix Saint Pierre était située au coin de la rue Mathias.
Deux autres croix forgées sont encore visibles dans l'Avenue du Château, l'une à proximité de la route nationale, l'autre sur la place de la Mairie.
Une dernière croix forgée a été restaurée dernièrement et se trouve à proximité de l'entrée Sud de la Chapelle.
Enfin, la croix du Bois Maudit a été gravée sur une roche de grès située à proximité du "Chemin de la Messe".
C'est une croix toute simple, mais son nom a fait naître une légende dans laquelle le diable tient bien entendu la vedette!