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Tourisme
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CHAMPIGNY
AUX CONFINS DE LA BOURGOGNE, VOISIN DE L'ILE DE FRANCE, A LA LIMITE DE LA CHAMPAGNE: c' est C H A M P I G N Y
Le cadre géographique(d'après P. Mégnien) Une dizaine de villages de France portent le nom de Champigny.
Notre CHAMPIGNY est situé dans le Sénonais, à 93 kilomètres de Paris et 18 de Sens, au bas des collines qui, face au nord, bordent la vallée où serpente l'Yonne dans son cours inférieur, à une quinzaine de kilomètres avant son confluent avec la Seine, à Montereau-faut-Yonne.
Le territoire de la commune s'étend des rives de l'Yonne, bordées de peupliers, jusqu'au haut de ces collines onduleuses couronnées par les bois et, plus loin encore, sur le plateau que ces bois recouvrent en majeure partie, soit 480 hectares de plaine, 912 de côte crayeuse, 735 de plateau boisé.
La différence de niveau entre le point le plus bas : 56 m au-dessus du niveau de la mer, et le plus élevé, 191 m, est de 135 m. Vers la place de la mairie l'altitude est de 75m.
Ultime prolongement méridional de la Champagne pouilleuse, dont le plateau va s'inclinant jusqu'aux bords de l'Yonne, toute cette petite région naturelle où s'insère notre village fait, au delà de la vallée, vers le sud, transition avec le Gâtinais français. C'est pendant l'ère secondaire, disent les géologues, que, sous la mer qui recouvrait tout l'actuel Bassin parisien, s'est élaboré le fond crayeux du sol, lequel atteint plus de 450 mètres sous le niveau de la vallée et repose sur 400 m de sable et d'argile du Crétacé inférieur, puis sur 900 m de calcaires du Jurassique. Quant au sol cristallin, il n'a pu être encore atteint par les sondages pétroliers, mais on sait qu'il doit se trouver à plus de 2 000 m.
Cette craie blanche de Champagne du Crétacé supérieur ne montre dans cette région que son étage terminal : le Campanien. Elle se présente soit en poudre, soit en minces plaquettes qui se délitent facilement, soit en couches régulières avec lits de silex. La surface de ce dépôt crayeux, modelée par l'érosion en dômes, creux et cuvettes remplies par des dépôts tertiaires, enfouie dans la vallée et sur le sommet sous des masses de sédiments, est toujours sous-jacente et prête à paraître. En se résorbant au début de l'ère tertiaire, cette mer et le lac qui lui succéda, le lac de Beauce, laissèrent sur leurs rives des dépôts que l'on repère un peu avant l'orée des bois et qui recouvrent tout le plateau d'un manteau d'épaisseur variable.
Les premiers de ces terrains tertiaires datent de l’Eocène inférieur, des niveaux sparnacien et cuisien, et se présentent sous forme de sable, de sable argileux, d'argile, de grès, spécialement de grès cliquarts, blocs erratiques de 2 à 3 m3, très durs et de forme anguleuse. On ne trouve ces sédiments que dans la partie sud du territoire de Champigny et au delà, surtout à Fossoy, Fontenelle, Saint-Sérotin. Les autres dépôts tertiaires appartiennent à l’oligocène. Ce sont des sables siliceux et des grès de l'étage stampien : sables de Fontainebleau et blocs de grès parfois énormes, pouvant avoir jusqu'à plus de 100 m3, et assemblés en chaos. On trouve ces dépôts étalés par bandes au nord d'une ligne allant approximativement de Pont-sur-Yonne à La Bonneau, donc dans les bois de Champigny, de Chapitre, des Usages. Les amas rocheux les plus pittoresques se voient à l'ouest des carrières, sous les pins et au milieu des bruyères et des fougères.
Dans ces carrières, au climat de La Tournelle, fut exploité un dépôt de calcaire du Stampien supérieur, pétrifié par les eaux siliceuses et rougi par les infiltrations d'oxyde de fer. Cette couche de 350 m de longueur et de 8 à 15m de profondeur, reposant sur un lit de sablon blanc, a livré une pierre meulière propre à la construction. Même dépôt, mais mal visible actuellement, aux « Quatre loups », dans le bois des Usages.
Au quaternaire enfin, drainant les eaux du Morvan et des plateaux de Bourgogne, un fleuve trouva son lit définitif dans la large vallée qu'il s'était creusée par stades successifs. Les terrasses qui bordent le thalweg sont les témoins de cette longue et profonde érosion fluviale. il y déposa alors, sur une épaisseur de 10 m, des sables, des graviers, des galets qui font aujourd’hui l'objet d'une intense exploitation. Longtemps marécageuse, sillonnée de noues, recouverte de prairies naturelles, aujourd'hui drainée et mieux mise à l'abri des débordements du fleuve, cette plaine, recouverte assez inégalement d'un riche limon, est devenue, en majeure partie, propre à la culture céréalière. Le lit de l'Yonne cependant fut longtemps incertain, en recherche constante, dans ses méandres, d’un profil d'équilibre que viennent encore troubler dragages et sablières. Tel est le cadre géologique qui devait fournir à l'homme, lorsqu'il prendrait possession de ce territoire, les ressources naturelles pour sa vie et le cadre de ses activités.
Les observations relevées jadis par Mlle Hure, la détection des sites archéologiques par avion, et surtout les fouilles scientifiquement dirigées il y a quelques année par M.M. Parruzot, Coudray, Carré, Prampart, aidés sur place par M.M. Picot et Morgalet, permettent de constater que cette région de la Basse-Yonne a été habitée sans discontinuité depuis l'arrivée des premiers hommes et qu’ici se sont rencontrés les courants de civilisation et d'échanges commerciaux les plus anciens.
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